Le 25 Juillet 2017  

 

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ANTONIN ARTAUD… ET LA PEINTURE

Antonin Artaud ( 1886 – 1984 ) n ´é tait pas seulement le proph è te du th éâ tre exp é rimental contemporain, ni un grand poète, ni un cinéaste fameux, mais aussi un peintre avangardiste. Ces oeuvres ont marqué les peintres et les grands critiques littéraires.

La relation ď Artaud avec la peinture a d é but é depuis son enfance. En effet, dès 1915 il s´est familiarisé avec le dessin et ses diverses technique. Plus tard, avec charles Dullin au théâtre de ľAtelier, il a dessiné plusiers décors et costumes, ainssi qu´il a entamé une bonne relation avec le grand peintre André Masson et c´est dans son atelier qu´il a perfectionné son talent.

Après une petite repture avec le dessin, Artaud est revenu sur scène avec un grand nombre de texte consacré à la critique des tableaux, en locurence les pages du théâtre et son double dont il évoque le tableau de lucas de leyden . Et comme il a été l´un des piliers du mouvement surréaliste avec André Breton et louis Aragon…Artaud a essayé d´eclaircir la philosophie du surréalisme. Retenons son témoignage suivant : " la peinture surréaliste était une négation du réal, une sorte de descrédit fondamental jeté sur les apparences. S´il ne nie pas les objets, le monde surréaliste les désorganise dans sa concepton des choses, il installe en premier lieu un divorce entre l´illimité et la raison. on n´y trouve pas de différence entre le monde des rêves et celui de la raison appliqué " (1).

La réflexion ď Artaud sur les oeuvres artistiques a pris plusieurs dimensions. Faciné par le travail de Picasso et de son monde myseriux, il lui a confié la décoration de quelques pièces théâtrales, surtout lors du " théâtre Alfreed Jary " qui est un théâtre surréaliste par exilence. Artaud décrit le travail de Picasso comme suit : " Picasso après avoir retroussé ses manches, avança comme s´il avait été à la fois dompteur, lutteur, arpenteur, prestigiditateur… plus encore qu´il dessinait, les lignes jaillissaient on peut dire fatalement […] en réalité Picasso réalisait ľoeuvre avec toute la vigueur d´un mâle " (2).

Pour minimiser le rôle du langage dans le théâtre, Artaud au donné ou dessin et à la peinture une importance primordiale. Il trouve que les mots ont une limite ďexpression contrairement au tableau qui reste ouvert pour divers intérpretations. Ainsi, il n´a pas cessé de peindre et de dessiner pour montrer sa conception de la vie et de ľunivers. Ces dessins sont très énigmatiques à tel point qu´il serait tout aussi vain d´exercer une quelconque maitrise sur son travail et de l´expliquer labourieusement. " Non seulment Artaud fait sortir la peinture de la musique, en intégrant le son et la lumière, l´explosion vocale et la brûlure lumineuse mais il transfère la pratique de peinture tout entière dans ľocéan ďune liquidité vértigineuse et inextinguible dans un magma de flu et de pulsion " (3).

Peu avant la deusième gerre mondiale, Artaud a subit le grand echec de sa pièce théâtrale " les cenci " , ce qui ľa poussé à se réfugier dans une autre culture qui diffèrt de la sienne. Il a choisi donc la culture Rouge Méxiquaine, terre des tarahumaras qui va lui aopporter des éléments décisifs concernant sa propre réalisation, la récupération de son individualité réelle à partir de laquelle il pourra prendre un nouveau départ. En fait, il a pu constater la richesse de la culture orientale, ses mystères et la fausse supériorité de la culture europeènne blanche. Ce voyage antropologique aux sources humaines et au sol des origines lui a révélé ľ importance des couleurs, de ľespace, du soleil et de la lumière ou se cache le secret de la vie.Ce voyage fait se lever le souvenir des toiles de Piero della Francisca, lucas van den leyden ou Piero di cosino… " Ces peintres

qu´ Ataud dépouille de leur coloration chrétienne pour les relier aux cosmogonies païenes, en faire la métaphore d´une gène. Atravers elles, il pose, en quelque sorte, dans le passé de la culture occidentale ľexistance ďun territoire des sources qui a été perdu " (4).

Artaud donc est venu au Mexique, terre de peinture originale pour fuir la civilisation europeènne, la culture occidentale falsifiée et s´ouvrir sur la culture rouge indienne pleine de signes et de langage sémiologique.

Il s´est enfoncé aussi dans ľ exp érience du portrait et ďautoporait. Par le dessin et le modelage, il tente de trouver les structures, les armateurs qui soutiendraient une représentation humaine qui ne serait pas insuffisante par rapport à la complixité du modèle. Il a dessiné plusieurs portraits tel celui de lilly Duffet, femme de Jean Arthur Adamov-ami ďArtaud et écrivain absurdiste-colette Allendy, Paule Thévenin… Ces portraits sont fait en crayon noir avec des égratignures et salissures du papier qu´il ne gomme pas. Ce qui veut dire qu´il dessine sans aucune hésitation et aucun souci ďesthétique " Un portrait par Artaud donne le sentiment ďarracher sa vérité à ľhomme, de ľarracher ďun coup, sans éffort " (5). Ces oeuvres aussi " impressionnent le regard parce qu´elles ne s´engluent dans aucune réthorique, ni dans le pathos, ni dans un fantastique trop savant. Elle ont ľimmédiateté et la fragilité ďune vision " (6).

Après quelques années ďinternement dans différents asiles, Artaud le

" fou " le maudid reviendra à la vie ordinaire grâce au Docteur Frédière qui lui a fait subir une série ďelectrochocs. dès qu´il s´est amélioré, le docteur lui a proposé des travaux de dessin et de tradiction. A sa sortie de ľasile, Artaud se consacre à dessiner des visages et cherche à exprimer dans les portraits de ses amis ou ses autoportaits ce qui reste de " la revendication révolutionnaire ďun corps " en lutte contre ľanatomie et dont seul le visage porte les traces " . Aussi est-ce de manière barbare et cruelle qu´il travaille le dessin, burine les traits et révèle, par un forcènement de la face la distinée apocalyptique de ces têtes arrachées du corps […] la peinture si elle renonce au beau, à ľacadémisme ou encore au jeu de ľabstraction, a le même pouvoir que le théâtre de la cruauté : refaire le corps " (7).

En Janvier 1947 il se rend au musée de ľorangerie visiter une grande exposition consacré à Van gogh. Quelques jours plus tard, très marqué par cet exploit, il achève son ouvrage " Hyper-lucide " qui est en vérité un chef-ďoeuvre incontestable. Ce texte inclassable est composé essentielement de poème en prose, essai, récit, dialogue, lettre ouverte… c´est une vraie machine de guerre destiné contre la société qui sous estime les écrivains et les artistes maudits tel van gogh le peintre expérimentaliste hollandais. Artaud affirme " Je ne dicrirai donc pas un tableau de van gogh mais je dirai que Van Gogh est peintre parce qu´il recolte la nature, qu´il l´a comme retrenspirée et fait suer, qu´il l´a fait gicler en faisceaux sur ses toiles, en gerbe comme monumentales de couleurs, le séculaire concassent ďéléments,ľépouventable pression élémentaire ďapostrophes, de stries,de virgules, de barres dont on ne peut plus croire aprés lui que les aspets naturels ne soit fait " (8).

Il s´agit en bref ďune parole ďinstigation dans le sens qui va au-de là du langage, au-delà de la parole pleine et ďune importante traversée textuelle, puisque le fondement de ľexpérience Vangoghienne est consacré au langage spécifique de la peinture. En outre on peut dire que si Artaud n´as pas eu ľoccasion de concritiser ses rêves du théâtre de la cruauté, il a pu jouer ce théâtre ďavant garde sur les pages de son chef-ďoeuvre Van gogh le suicidé de la société.

Repères bibliographiques:
1/ Antonin Artaud : la jeune peinture française et la tradition. " in " messages révolutionnaires. Gallimard/ idées. 1976.P 88.
2/ Ibid . P58.
3/ Francesco bartoli : Artaud, le travail de la peinture."in" Eroupe. Numéro spécial ďAntonin Artaud. Novembre-Décembre 1984.P 155.
4/ Monique borie : Antonin Artaud, le théâtre et le retour aux sources. Gallimard. 1989.P 81.
5/ Filippe Dagen : A. Artaud, ľidée pur du dessin. Le monde, Dimanche 16, Lundi 17 juillet 1995 P 17.
6/ Ibid, P 17.
7/ Camille Dumoulié : Antonin Artaud. Seuil, 1996. P 139.
8/ Antonin Artaud.Van gogh le suicidé de la société. Oeuvres Comletes XIII Gallimard. 1976 P 42.

Par : Dr . Said KARIMI

 
 
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Mohamed AGOUJIL
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