ACCUEILTOURISMEACTUALITESANNONCESSERVICESPHOTORADIOWEBTVVIDEOSWEBCAMCHATFORUMS

 

  Articles
  Livres
  Art plastique
  Caricature
  Agenda
  Archives
  Forums
Lettre d'information
Actualités gratuites de la ville d'Errachidia
 E-mail
 

« La femme enchaînée »
Une étude sur la représentation de la femme dans les croyances des tribus de l’est du haut-Atlas
C’est une femme sans visage que cherche à décrire Lahssen Aït Lafkih dans son dernier livre. Une femme anonyme dont l'identité se construit à travers l'histoire des tribus de l'est du Haut-Atlas. Un monde où les traditions et les croyances dictent le mode de vie et contraignent la femme à s'y plier sans avoir le droit de contester, telle une esclave soumise aux bonnes volontés de son maître. Pourtant, cette femme silencieuse et sous- traite aux regards des autres a été bel et bien présente dans l'histoire de ces sociétés osmoses. Son rôle intrigue l'auteur qui scrute cette présence à travers une étude de la femme et de là famille dans l'est du Haut- Atlas.
Le résultat de sa recherche, il le présente en 91 pages (écrites en arabe) sous le titre «La femme enchaînée». L'écrit traduit de manière synthétique les mutations culturelles qu'ont connues les tribus assujetties aux conditions climatiques et politiques pour assurer leur survie. Des mutations qui forment, pour M. Lahssen Aït Lafkih, des «champs anthropologiques fertiles», inépuisables, dont certains risquent, de disparaître sous le poids du présent. C'est donc pour sortir ce patrimoine des méandres de l'oubli que l'auteur investit ce monde inconnu en prenant pour référence la femme, dont rôle principal à été, pour lui, de conserver les idéologies culturelles. Malgré les contraintes que celles-ci imposent à la femme, cette dernière y a été la plus fidèle tout en étant la première victime. C'est à partir de là qu'il faudrait chercher les origines des obstacles qui empêchent la femme, aujourd'hui, de s'intégrer dans le développement. L'auteur chercherait-il, ainsi, à «corriger» la situation dans laquelle se trouve la femme des montagnes de l'Atlas?
En tout cas, il indique très clairement que son but se limite à «jeter un coup d'œil indirect sur la femme des montagnes de l'est du Haut-Atlas à travers les mariages collectifs et individuels». Le choix du mariage comme terrain d'investigation n'est pas inopportun, car le chercheur y trouve effectivement des symboles de différentes connotations (guerre, agriculture) qui témoignent de l'identité culturelle de la tribu. Parler de mariage dans l'Atlas renvoie, presque par réflexe, à la région d'Imilchil et c'est là justement que le chercheur a mené son étude.
L'écrit qui en sortira se compose de huit parties. Chacune présente la femme sous un aspect social différent les uns des autres, mais liés, tout de même, à l’idée de la non-reconnaissance de la personnalité de la femme.
L'auteur explique dans un premier chapitre que la femme, dans les tribus du Haut-Atlas, se résume à son rôle de génitrice. Elle symbolise la fertilité, la production et la stabilité. La femme pérennisait la vie de la tribu et sa présence était donc sacrée pour avoir perpétué la lignée.
Dans les croyances, le contexte de la vie d'une femme était tracé à l'avance comme des barrières qu'elle ne devait jamais franchir au risque d'être châtiée. Aussi, n'avait-elle même pas le droit de penser, comme en témoignent les idées véhiculées dans la poésie amazighe citée par l'auteur (P. 14). Dans cette logique, la femme dépend de la société où elle est née et se doit de la servir et en donner une bonne image. Elle doit aussi incarner, par la couleur de ses habits, ses tatouages et sa présence physique, les symboles de la tribu. Elle est l'inspiratrice du guerrier qu'elle doit encourager et l'objet de convoitise qu'on prépare, étape par étape, au mariage et à la soumission à l'homme.
S'il arrivait qu'un jour la femme prenait la décision de sortir de la logique des autres, on lui attribuerait le terme d'aliénation et le surnom péjoratif de «Ghoula» (ogresse), parce qu'elle a choisi de vivre loin des «chaînes», comme l'explique le chercheur dans le quatrième chapitre de son étude.

Leila HALLAOUI
Libération Vendredi 14 Février 2003

 
Livre

Mohamed AGOUJIL
Errachidia.org Tous droits réservés. 2001-2009 0661-533-019 Hébergé par : errachidia.net : hébergement web professionnel